Lorsque je raconte mon expérience des Jeux Olympiques de Paris 2024, une question revient souvent : « Quel est le meilleur et le pire événement auquel tu as assisté ? » Je trouve cette question intéressante, alors j’ai décidé d’y répondre ici. Bien entendu, vous aurez compris en lisant mes précédents articles que l’expérience globale a été très positive et m’a enchanté. Cependant, il est vrai que certains moments ont été plus marquants que d’autres.
J’ai choisi de restreindre ce classement à cinq épreuves parmi les treize auxquelles j’ai pu assister.
D’entrée, l’apothéose
Premiers Jeux, premier jour, première épreuve. Après les péripéties de la veille pour atteindre Paris, me voici en route pour le Stade de France afin d’assister aux phases finales du tournoi de rugby à 7. Le tournoi avait déjà débuté avec les matchs de poules et les quarts de finale, se déroulant en préambule de l’ouverture officielle des JO. J’avais suivi ces premiers matchs à la télévision, une sorte de mise en bouche qui avait accentué mon enthousiasme pour ma venue à Paris.

C’est une découverte totale : non seulement c’est ma première épreuve olympique, mais c’est aussi la première fois que je mets les pieds au Stade de France et que j’assiste à un match de rugby à 7. L’événement est donc déjà marquant, et sans présager du résultat final, il aurait probablement figuré parmi mes tops quoi qu’il arrive. Mais cerise sur le gâteau, la France est en finale et remporte le titre ! Remise des médailles, Marseillaise, je ne pouvais pas espérer mieux. Un joli contraste avec les déconvenues de la veille.
Même endroit, sport différent
Retour au Stade de France, un lieu que je commence à bien connaître. Le décor a changé : les poteaux ont laissé place aux filets de l’aire de lancer, et la piste violette fait son apparition. Pour moi, l’athlétisme est le sport olympique par excellence. Mon intérêt pour ce sport a grandi au fil des années, en particulier grâce à ma pratique de la course à pied, devenue mon activité sportive principale. Je suis donc de plus en plus assidûment les grandes compétitions, surtout les épreuves de fond et de demi-fond.

Et pour la première fois que j’assiste à un meeting en direct, j’ai choisi la session du vendredi 5 août, avec les séries du 800 m féminin et, surtout, la finale du 10 000 m masculin au programme. J’ai appris par la suite que cette finale n’avait pas été diffusée sur France Télévision, ce qui me fait encore plus apprécier la chance que j’ai eue de la vivre en direct. Treize athlètes sous les 27 minutes, du jamais vu en finale olympique, avec en prime un record de France battu par Jimmy Gressier. Un spectacle grandiose.
Défaite marquante
J’ai longtemps hésité à placer ce moment dans mes tops plutôt que dans mes flops. Mais le sport est ainsi fait qu’il existe des défaites aussi, voire plus, marquantes que des victoires. Ce France-Allemagne restera une expérience unique pour moi, avec un scénario renversant. Ce jour-là, j’arrive à Pierre-Mauroy avec peu de confiance, au vu des précédentes prestations des Bleus du handball. Mais l’ambiance et le match relativement bien maîtrisé me font vite changer d’avis.

La suite, vous la connaissez : alors que tout le stade commence presque à fêter la qualification, une perte de balle relance tout. Prolongation, défaite. Ce scénario marquant est accompagné des adieux d’une légende du handball, Nikola Karabatic, que je voyais pour la première et donc dernière fois en direct.
Un moment contrasté
Transition douce vers les flops avec le tir à l’arc, que je classe à la frontière des bons et mauvais moments de ces Jeux. Tous les quatre ans, devant la télévision, c’est pour moi l’occasion de me passionner pour des sports relativement anonymes le reste du temps. Pour Paris 2024, j’avais décidé de ne pas déroger à cette tradition, mais cette fois-ci, de me rendre sur place. J’avais volontairement choisi de me rendre aux Invalides, ce n’était donc pas un choix par défaut faute de places pour d’autres épreuves plus attirantes.

Au début, j’ai cru avoir fait le mauvais choix. Après cinq minutes à comprendre les enjeux et à profiter du lieu, mon intérêt a rapidement chuté. Voir des archers enchaîner les tirs devient rapidement monotone. La chaleur accablante du jour n’aidait pas non plus, et je gardais un œil plus attentif sur l’appli France TV de mon téléphone, où Victor Koretzky se battait pour la médaille d’or en VTT.
Mais tout a basculé avec l’entrée des Français dans la compétition. Soudain, ce qui n’était qu’une flèche parcourant 70 mètres devenait source de tension et d’excitation. Pour couronner le tout, les Français ont lutté jusqu’en finale, me permettant de quitter cette épreuve sur une note positive.
Si j’avais su
Dans la même veine, me voici à Vaires-sur-Marne, sur les berges d’un long plan d’eau où se déroulent les épreuves d’aviron. Là aussi, l’objectif était de découvrir des disciplines que je ne prends pas le temps de regarder en dehors des Jeux et de voir si je pouvais y trouver un intérêt.

Pour être honnête, je cherche encore cet intérêt. Même en mettant de côté les 1h45 de transports pour atteindre le site de compétition, j’ai eu l’impression de perdre mon temps. Mes billets ne me permettaient que d’accéder aux berges en placement libre, et je n’ai donc pu assister qu’au passage ponctuel des embarcations, qui parcouraient plusieurs kilomètres de distance hors de mon champ de vision. Ma méconnaissance de ce sport m’a joué des tours, je n’ai pas su en saisir les enjeux.
C’est sans doute comparable à assister à une course cycliste sur le bord de la route sans connaître les coureurs. On ne verrait que des cyclistes là où je vois des visages connus, des styles de pédalage, des équipements reconnaissables…
Bonus: le vrai flop ne pouvait être sportif
Peut-être que le seul intérêt de ma présence à l’aviron était de découvrir que Coca-Cola, sponsor des JO avec le monopole sur les buvettes, pouvait utiliser du verre. Car s’il y a un vrai flop sur ces Jeux, c’est bien autour du système Coca-Cola.
Sur chaque site, la buvette fonctionne avec des écocups consignées (2 €). Jusque-là, tout va bien. Mais la supercherie se dévoile lorsqu’on voit que les serveurs vident des bouteilles en plastique dans les écocups. L’aviron est le seul site où j’ai vu des bouteilles en verre, et non en plastique.

Pour couronner le tout, rendre son écocup consigné était presque impossible. Les buvettes fermaient avant la fin des épreuves, et l’attente dépassait parfois les 20 minutes. Rien n’incitait vraiment à les restituer.
J’aurais aussi pu parler des prix exorbitants de la « restauration » sur les sites olympiques, mais c’est le lot de ces grands événements.

En dépit de quelques déceptions mineures, Paris 2024 restera pour moi une expérience globalement exceptionnelle. Les moments forts ont largement surpassé les quelques flops rencontrés en chemin. Ces Jeux ont été une aventure riche en émotions, en découvertes et c’est sans hésitation que je considère cette expérience comme un véritable succès.

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