Un après-midi au Stadium

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Toulousain de résidence, Lyonnais de cœur, suiveur assidu de la Ligue 1 de football… Si tous les chemins mènent à Rome, les miens, en ce dimanche 29 septembre, m’ont mené au Stadium de Toulouse pour assister à la confrontation entre le TFC et l’OL. À travers ces lignes, je vous emmène avec moi pour revivre cet événement.

Un sport, deux équipes, un lien

Le foot, c’est avant tout mon premier sport. Celui que j’ai le plus suivi depuis mon enfance et celui que j’ai aussi le plus pratiqué en club. Comme beaucoup de gamins des années 2000, je me suis pris d’affection pour le club qui faisait rêver à l’époque : l’Olympique Lyonnais. Il faut dire que ma région d’origine, le Limousin, ne disposait d’aucun club d’envergure. Quitte à ne rien avoir autour, autant choisir le meilleur ailleurs.

Bien qu’éloigné, je me souviens de quelques déplacements à Gerland pour voir mon équipe favorite, à l’époque des Juninho, Cris, Benzema… Des années plus tard, j’ai pu me rendre régulièrement au Groupama Stadium. Les temps avaient changé, la réussite du club aussi, mais mon affection est restée intacte.

Mon parcours de vie m’a conduit à Toulouse. Je me souviens de mon premier match au Stadium : un match nul dans tous les sens du terme, un 1-1 entre le TFC et Nice. J’étais heureux de vivre si près d’un stade où se déroulent des matchs de Ligue 1, mais déçu par le niveau de jeu proposé et l’ambiance qui allait avec. Le TFC traversait alors des années moroses, qui l’ont mené jusqu’à la relégation.

Puis, en 2021, et surtout en 2022 avec la remontée en L1, j’ai ressenti un nouvel engouement autour du club. La ville, soi-disant accaparée par le rugby, voyait naître une ferveur nouvelle autour du TFC. J’ai voulu y participer en allant assister aux derniers matchs de L2, où l’ambiance et le jeu proposés étaient dignes de certains bons matchs de Ligue 1. Cette ferveur perdure encore aujourd’hui, alimentée par un titre en Coupe de France et une participation à l’Europa League. Alors, de temps à autre, je retourne au Stadium.

Au delà d’un match

La dernière fois que j’ai posé les pieds au Stadium, c’était en mai dernier, pour un match de rugby entre le Stade Toulousain et le Leinster en demi-finale de Coupe d’Europe. Changement d’ambiance ce dimanche : bien que j’apprécie le rugby, la ferveur autour du football est différente. C’est aussi ce que je viens chercher au stade, une ambiance plus électrique et dynamique. Même si le TFC n’est peut-être pas réputé pour avoir l’ambiance la plus volcanique, celle-ci s’est bien améliorée ces derniers temps.

Cette amélioration est notamment due au groupe d’ultras des Indians, qui occupe le virage Brice Taton. Brice Taton, membre des Indians, a été sauvagement assassiné à Belgrade par des hooligans du Partizan Belgrade lors d’un déplacement. Les faits remontent au 17 septembre 2009. Pour lui rendre hommage, 15 ans après, les Indians ont organisé plusieurs manifestations en ville et ont profité de la rencontre contre Lyon pour enchaîner les animations en tribune afin d’honorer la mémoire de leur camarade disparu.

Les supporters lyonnais, présents en nombre, ont également adressé un message de compassion en son honneur.

Je sais que certains, en lisant ces lignes, penseront immédiatement aux clichés classiques des supporters de football perçus comme des dégénérés violents. Oui, dans d’autres sports, la violence est moins présente. Mais le foot est le sport le plus populaire au monde, il réunit donc un panel très diversifié de la société. Le football n’est qu’une photographie, certes amplifiée par la passion, la médiatisation et les enjeux, de ce qu’est la société. Comprendre cela pour mieux analyser le phénomène est, à mon avis, plus intéressant que de porter un jugement péremptoire.

Sujet plus légér masi toujours en marge du match, la fin de la rencontre a été marquée par la célébration des athlètes olympiques et paralympiques d’Occitanie ayant participé aux JO de Paris cet été. La défaite du TFC et l’attente d’une vingtaine de minutes ont cependant bien vidé les tribunes, ce qui n’a pas favorisé une ambiance propice à une belle célébration. Pour ma part, je suis resté, me disant que ce serait un dernier rappel de mon aventure estivale.

On aurait pu espérer la présence des superstars occitanes, mais je ne me faisais pas d’illusions : la plupart avaient déjà participé à de nombreuses célébrations à Paris ou au Capitole, et certains avaient déjà repris l’entraînement. Pas de Léon Marchand, Antoine Dupont ou des frères Lebrun, mais quelques visages familiers, comme Baptiste Addis en tir à l’arc, que j’avais pu voir remporter sa médaille. Tout cela agrémenté de discours convenus et soporifiques des figures politiques locales.

Et au milieu de tout ça, un match

Plutôt que de vous raconter le match, je laisse L’Équipe s’en charger. Je préfère revenir sur ce qui fait l’expérience d’un match au stade. Tout d’abord, il faut souligner que cette année est particulière. Si vous lisez mes Itinéraires de la semaine, vous savez que la Ligue 1 traverse une période délicate. Cela se traduit concrètement par le coût exorbitant des abonnements pour voir les matchs à la télévision. Alors, le moyen le plus simple de voir du foot reste encore de se rendre au stade.

Assister à un match en tribune, c’est aussi assister au réel. À la télévision, nous voyons un match à travers le filtre du réalisateur. Depuis les tribunes, le spectateur est libre de choisir ce qu’il observe : parfois, je préfère me concentrer sur des joueurs éloignés du ballon, parfois sur ce qu’il se passe en tribune… L’expérience est différente, sans accès aux ralentis qui peuvent biaiser l’interprétation (surtout concernant les fautes).

Bon, dans le cas de ce match, que ce soit depuis les tribunes ou devant la télé, le constat était probablement le même : un match d’un faible niveau, avec un Lyon qui s’en sort grâce à des individualités plus talentueuses. Ce n’était pas le match de l’année.

Vivre le match en tribune, c’est aussi ressentir les émotions des autres spectateurs. Immergé discrètement dans une tribune de supporters toulousains, j’ai pu ressentir toute leur déception et entendre les critiques qui pleuvaient sur leur équipe. L’arbitre n’a pas été épargné non plus, et il est vrai que, si les deux équipes n’étaient pas en grande forme, l’arbitre les a rejoint dans la médiocrité.

Quelques tensions en fin de match avec des discussions animées entre joueurs et supporters

Au final, les événements autour du match, et surtout la victoire inespérée de mon club de cœur, me permettent de conclure l’expérience sur une note positive. Malgré tout, la pauvreté technique du jeu, notamment côté toulousain, ne m’incite pas à revenir les voir jouer chaque week-end. Mais peut-être que ce sera bientôt le seul moyen de suivre la Ligue 1, vu la gestion catastrophique des droits TV.

Une réponse à « Un après-midi au Stadium »

  1. Avatar de Surdomination: cadeau ou fardeau ? – Curiosité sportive

    […] que suscitait pour moi la suite de la course. L’autre jour, j’ai préféré me rendre au Stadium pour TFC-Lyon plutôt que d’assister au Championnat du monde. Mon avis diffère sans doute de celui du grand […]

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