Itinéraire de la semaine – 9 décembre

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Comme chaque semaine, retour sur trois faits marquants de l’actualité sportive, deux découvertes média (podcast, lecture, vidéo, …) et un débat ou une prise de position qui ont attiré mon attention.

3 faits marquants

Fifa & CDM : toujours plus

L’attribution des Coupes du Monde de football 2030 et 2034 laisse perplexe. Pour 2030, la décision de répartir la compétition sur trois continents semble symbolique, mais surtout démesurée. Si l’idée de célébrer le centenaire avec un match en Uruguay peut séduire, la logistique et l’empreinte environnementale d’un tel projet sont difficiles à défendre. Une célébration mondiale, oui, mais à quel prix ?

L’augmentation à 48 équipes pose également la question du réel enjeu sportif. Avec une qualification quasi assurée pour de nombreuses nations, les phases éliminatoires perdent de leur intensité et la compétition risque de s’étirer inutilement.

Quant à 2034, le choix de l’Arabie Saoudite illustre encore une fois le poids des intérêts économiques dans les décisions de la FIFA. Ce pays, déjà critiqué pour son « sportswashing« , soulève des questions éthiques majeures. En misant sur ces projets spectaculaires, le football ne risque-t-il pas de perdre de vue ses véritables valeurs ?

Lefevere, une page se tourne

Patrick Lefevere, le charismatique directeur de l’équipe Soudal Quick-Step, s’apprête à quitter la scène du cyclisme.

Avec lui, c’est une figure emblématique qui disparaît, après des décennies à la tête d’une équipe souvent au sommet. Architecte de nombreuses victoires, notamment sur les classiques, il a su révéler des champions et imposer son empreinte.

Mais Lefevere, c’était aussi un personnage clivant. Ses déclarations souvent tranchées et son style de gestion autoritaire ont agacé plus d’un, moi compris, et même parmi ses propres coureurs. Pourtant, cette force de caractère a été le ciment de son succès.

Et je pense que son départ marque bien plus qu’un simple changement de directeur : c’est une page du cyclisme qui se tourne. Ces grandes figures, capables d’incarner un sport tout entier, se raréfient dans un environnement toujours plus normé.

Elections FFF, immobilisme

Les élections à la Fédération Française de Football, tenues cette semaine, étaient présentées comme l’occasion de tourner une page.

Mais en observant les résultats, une impression domine : rien ne change vraiment. Les figures historiques restent en place, et les promesses de modernisation semblent déjà reléguées au second plan.

Alors que les récents scandales auraient pu pousser à une véritable refonte, les débats électoraux ont soigneusement évité les enjeux cruciaux : le soutien au football amateur, la lutte contre les discriminations ou une meilleure représentation des femmes. Autant de sujets laissés en suspens, malgré leur urgence.

Cette élection, loin d’insuffler un nouvel élan, confirme l’immobilisme d’un système accroché à ses habitudes. Une continuité qui laisse un goût amer, là où tout appelait à un profond changement.

2 médias intéressants

Zack X Trashtalk

Cette semaine, j’ai pris beaucoup de plaisir à regarder l’épisode de Zack en Roue Libre avec les créateurs de Trashtalk, un média incontournable pour les fans de basket, qui propose analyses, débats et contenus sur l’actualité NBA.

Ce n’était visiblement pas leur premier passage dans l’émission mais n’ayant pas vu le précédent, je vais parler du second.

Ce qui m’a vraiment plu, c’est d’entendre leur histoire : des gars passionnés de basket, qui se sont lancés sans moyens, juste avec l’envie de partager ce qu’ils aimaient.

Ce que ce format long permet bien, c’est d’entrer dans les détails. Ils expliquent les étapes par lesquelles ils sont passés pour monter leur média, avec un parcours qui, à la base, n’avait rien à voir avec le journalisme ou les médias. Un contenu à la fois intéressant et inspirant.

UAS, 115 ans d’histoire

Parfois, l’algorithme de YouTube réserve de belles surprises. C’est comme ça que je suis tombé sur la vidéo « UAS rugby Saverdun – 115 ans d’histoire« , un documentaire amateur en apparence, mais réalisé avec une qualité qui m’a agréablement surpris.

Cette vidéo met en lumière un club de rugby amateur, l’UAS Saverdun, qui joue un rôle central dans sa localité. Comme beaucoup de clubs amateurs, il ne se contente pas de former des joueurs – même si Fabien Pelous y a fait ses débuts – mais il structure la vie d’un village, transmet des valeurs et fédère les habitants autour du sport.

Ce genre de contenu rappelle à quel point les clubs locaux sont le cœur battant du sport. Même sans connaître au préalable l’existence de ce club, cette vidéo m’a plongé dans une histoire riche de passion, de transmission et de fierté, comme on en a tous connu dans nos villes et villages.

1 débat

Sport politique, parfois trop ?

Le lien entre sport et politique est indéniable et souvent nécessaire, et je suis le premier à le souligner. Mais l’ingérence politique peut parfois dépasser les limites.

La nomination du directeur du comité d’organisation des JO d’hiver 2030 en France en est un exemple frappant. Alors que Martin Fourcade, champion unanimement respecté, semblait être le choix évident, des blocages politiques – notamment de Laurent Wauquiez – compliquent la situation.

Cette affaire illustre comment des intérêts personnels peuvent parasiter des décisions qui devraient servir le sport. Si la politique a un rôle à jouer dans l’organisation des grands événements, elle ne doit pas devenir un terrain de rivalités. À trop s’immiscer, elle risque de compromettre l’essence même du sport : le mérite, l’universalité et l’esprit collectif.

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