Comme chaque semaine, retour sur trois faits marquants de l’actualité sportive, deux découvertes média (podcast, lecture, vidéo, …) et un débat ou une prise de position qui ont attiré mon attention.
3 faits marquants
Barsacq pour l’héritage ?
La nomination de Marie Barsacq comme ministre des Sports me semble être une bonne nouvelle. Son profil me plaît : elle a déjà fait ses preuves dans le monde du sport, à mi-chemin entre le terrain et la politique.
On parle d’une personne au cœur du projet Paris 2024, notamment sur l’impact et l’héritage des Jeux. Autant dire qu’elle connaît les dossiers, ce qui change des profils parfois plus éloignés du sport.
Cela donne envie d’espérer qu’elle porte enfin cet héritage de Paris 2024, qui tarde franchement à se concrétiser. Contrairement à certains de ses prédécesseurs, son expérience pourrait lui permettre d’avoir un vrai impact – encore faut-il qu’elle ait le temps pour ça. Et c’est là tout le problème : dans le contexte politique actuel, où les ministres des Sports changent plus vite que les entraîneurs en Ligue 1, pourra-t-elle vraiment tenir plus de trois mois ?
Pour l’instant, je reste optimiste. Son arrivée peut être une chance pour le sport français, mais encore faut-il qu’elle ait les moyens d’agir. À suivre !
Van der Poel surdomine
La période de Noël, généralement calme en événements sportifs, met en lumière le cyclo-cross, dont la saison bat son plein. J’en profite donc pour suivre les compétitions, d’autant plus que Mathieu Van der Poel est de retour. Depuis sa reprise, il enchaîne les victoires, notamment à Besançon ce week-end.
Cependant, cette suprématie commence un peu à me lasser. Cette année, il manque de concurrence sérieuse. Tom Pidcock a annoncé qu’il faisait l’impasse sur la saison de cyclo-cross pour s’adapter à sa nouvelle équipe. Quant à Wout Van Aert, il a limité sa participation à quelques courses, avec un engagement moindre.
Les années précédentes pouvaient offrir des duels palpitants entre ces trois champions, rendant le spectacle captivant. Cette saison, l’absence de ces rivalités laisse un vide, et les courses perdent en intensité. J’espère que la suite de la saison apportera de nouveaux défis pour Van der Poel, afin de raviver l’intérêt et la compétitivité du cyclo-cross.
Ronaldo, le VRP clasheur
Cristiano Ronaldo a relancé une polémique en critiquant ouvertement la Ligue 1. Selon lui, la Saudi Pro League est supérieure au championnat français. « La Ligue saoudienne est meilleure que la Ligue 1, bien sûr. La France n’a que le PSG. Les autres sont finis« .
Franchement, ces déclarations me paraissent un peu ridicules. Pourquoi attaquer spécifiquement la Ligue 1, un championnat où il n’a jamais évolué? Cela donne l’impression qu’il s’improvise VRP du championnat saoudien, qu’on nous avait vendu, il y a deux ans, comme un futur concurrent des grands championnats européens. Mais pour être honnête, on est encore loin de ce niveau. Hormis quelques grosses stars en fin de carrière, la Saudi Pro League reste un championnat de second rang.
Ronaldo cherche peut-être à légitimer son choix de carrière en magnifiant un championnat encore largement perfectible. Mais en s’attaquant ainsi à la Ligue 1, il ne fait que renforcer l’impression d’un discours artificiel, loin des réalités du terrain.
2 médias intéressants
SO FOOT x Fares Bahlouli
En tant que supporter lyonnais ayant suivi les débuts prometteurs de Farès Bahlouli, je ne pouvais pas manquer son interview sur SoFoot. Elle met en lumière les réalités méconnues du football professionnel.
Bahlouli revient sur la médiatisation excessive des jeunes espoirs, évoquant la pression énorme qu’il a subie dès ses débuts. Son parcours illustre aussi la marchandisation des joueurs, parfois transférés de club en club sans considération pour leur développement. Il parle des promesses non tenues, mais aussi de ses relations avec des entraîneurs emblématiques comme Marcelo Bielsa ou Christophe Galtier, dévoilant des dynamiques parfois complexes.
Il aborde également la surmédicalisation dans le sport, avec des expériences qui ont failli tourner au drame. Ce témoignage sincère dépasse le simple récit de carrière et offre une perspective humaine sur les défis du haut niveau. À lire, que vous soyez fan de l’OL ou simplement curieux des coulisses du football.x, souvent ignorés, qui jouent un rôle important dans leur communauté.
Cyclisme et presse locaux
La presse et le sport locaux sont sans doute la base de ma passion. Alors, je garde toujours un œil sur les deux. C’est pour ça que l’interview de Michel Bouyer, ancien président du CRCL (l’un des clubs de cyclisme phares de ma ville d’origine), dans Le Populaire du Centre, m’a particulièrement intéressé.
Michel Bouyer nous plonge dans une époque que, nous, coureurs du 21ᵉ siècle, pouvons presque envier. À son époque, ils organisaient une cinquantaine de courses par an, parfois plusieurs le même week-end, avec toujours au moins 50 coureurs au départ. La nocturne de Limoges, elle, réunissait 10 000 à 15 000 spectateurs, un chiffre qui paraît irréel aujourd’hui. À l’inverse, l’ère actuelle semble bien terne. Il n’y a plus de courses tous les week-ends, et la nocturne de Limoges peine à se maintenir et à attirer quelques spectateurs.
Un témoignage à lire, non seulement pour comprendre l’histoire de ce sport, mais aussi pour réfléchir à ce qu’il faudrait pour redonner de l’élan au cyclisme amateur.
1 débat
Trop d’héritage ?
Tony Estanguet quitte son poste de président du COJO, et franchement, il mérite tous les louanges qu’on lui adresse. Il a mené avec brio l’organisation des Jeux Olympiques de Paris 2024, dans un contexte forcément complexe. Sa rémunération annuelle de 270 000 euros brut me semblait cohérente avec les responsabilités d’un tel poste, surtout au vu du travail accompli.
Mais cette prime de départ d’environ 300 000 euros, validée lors du dernier conseil d’administration, me laisse plus dubitatif. Pas parce qu’il ne la mériterait pas, mais parce que le contexte actuel est tendu. Alors que le budget alloué au sport public diminue et que des coupes affectent de nombreux projets, ce genre de décision, même si elle provient du budget excédentaire de Paris 2024 (27 millions d’euros), envoie un signal qui peut sembler déconnecté.
Tony Estanguet reste un modèle de réussite et un ambassadeur du sport français, mais cette prime, dans ce contexte, aurait peut-être mérité d’être repensée. Parfois, le symbole compte autant que le travail accompli.

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