Comme chaque semaine, retour sur trois faits marquants de l’actualité sportive, deux découvertes média (podcast, lecture, vidéo, …) et un débat ou une prise de position qui ont attiré mon attention.
3 faits marquants
Oui, des fléchettes !
Je ne m’étais jamais vraiment intéressé aux fléchettes en tant que sport professionnel. Cependant, ces derniers temps, j’ai remarqué une présence croissante de ce sport sur les réseaux sociaux, avec des extraits de matchs pro mettant en avant une ambiance assez folle. Intrigué, j’ai décidé de regarder, pour la première fois, un match en entier : la finale du championnat du monde où Luke Littler, à seulement 17 ans, est devenu le plus jeune champion du monde.
Ce qui m’a particulièrement frappé, c’est l’atmosphère électrique à Londres, avec des milliers de spectateurs en liesse. La diffusion en clair sur la chaîne L’Équipe a également joué un rôle clé, rendant ce sport plus accessible et contribuant à son essor auprès d’un nouveau public.
Cela restera sans doute pour moi une expérience éphémère, mais je n’hésiterai pas à y jeter un œil de temps à autre, notamment lors des grandes compétitions. Une chose est sûre : les fléchettes sont en train de gagner leur place dans le large paysage sportif.
DAZN, l’aveu d’echec
Depuis le début de la saison, j’ai souvent critiqué la gestion des droits TV du football français, et le cas de DAZN en est un exemple flagrant. À son arrivée, le diffuseur proposait des abonnements jugés bien trop chers par les supporters, malgré les avertissements des experts. Pourtant, les dirigeants de la Ligue et certains présidents de clubs ont préféré ignorer ces critiques
Face aux faibles audiences et à une grogne grandissante, DAZN a fini par revoir sa stratégie. En ce début d’année, le diffuseur propose enfin un prix d’abonnement que les experts avaient jugé acceptable dès le départ. Le problème, c’est que le mal semble déjà fait. Lassés par cette inaccessibilité initiale, beaucoup se sont simplement désintéressés de la Ligue 1.
Cette situation illustre une fois de plus le décalage entre les dirigeants du football français et les attentes des supporters. Rendre un championnat invisible, même temporairement, peut avoir des conséquences durables, et il sera difficile de regagner la confiance perdue.
Cyclo-cross, duel orphelin
Ce week-end, Wout Van Aert a signé une victoire éclatante en coupe du monde de cyclo-cross . Il a dominé la course de bout en bout, s’imposant avec une avance impressionnante dans des conditions dantesques. La boue omniprésente, la pluie battante, et les efforts titanesques requis sur ce type de parcours me rappellent l’image pure et originelle que je me fais du cyclo-cross.
Pourtant, je ne peux m’empêcher d’avoir un sentiment mitigé. Je réclamais récemment une remise en question de la suprématie de Van der Poel, et voilà que, justement, Van Aert semble retrouver sa forme. Mais ironie du sort : Van der Poel, gêné par une blessure, était absent de cette manche. Le duel tant attendu entre les deux nous échappe encore, et cette rivalité, qui fait tout le sel du sport, manque cruellement.
Mais je garde l’espoir de voir les deux monstres du cyclo-cross s’affronter à nouveau dans des conditions tout aussi épiques. C’est ce genre de confrontations qui fait toute la grandeur de ce sport.
2 médias intéressants
E-sport, une porte d’entrée
Je ne suis pas un spécialiste de l’e-sport, et ma culture en jeux vidéo est plutôt limitée, surtout en ce qui concerne les titres compétitifs mainstream. Cependant, l’essor de cette discipline m’intrigue, et l’article de L’Équipe sur Caliste, jeune prodige français de League of Legends, m’a particulièrement captivé.
L’article met en lumière la professionnalisation croissante de l’e-sport, illustrée par des équipes européennes et françaises de plus en plus influentes. La Karmine Corp, par exemple, a récemment promu Caliste « Caliste » Henry-Hennebert, 18 ans, au sein de son équipe évoluant en LEC, le championnat d’Europe de League of Legends.
Ce qui m’a plu, c’est le ton adopté par l’article, accessible même pour quelqu’un comme moi, peu familier avec cet univers. Il offre une immersion dans le parcours de Caliste, sa progression fulgurante et les enjeux de sa carrière naissante. Cette approche permet de saisir les dynamiques de l’e-sport et son impact grandissant dans le paysage sportif actuel.
11ème Art, La haine
Cette semaine, j’ai écouté le podcast de 11ème art qui pose une question simple mais fascinante : « L’amour d’un club ne se construit-il qu’à travers la haine d’un autre ?« . Ce sujet, abordé avec calme et sérieux, est enrichi par des intervenants de qualité et un vrai travail de fond.
L’épisode a particulièrement résonné avec moi, grâce à l’intervention de T.Maymon. Journaliste,et supporter de l’ASSE, il raconte comment son supportérisme s’est en partie construit autour de la haine de Lyon. En tant que supporter lyonnais, je ne peux qu’être interpellé. Cet aspect de rivalité entre supporters est au cœur de l’identité du foot et entendre son point de vue et les reflexions des autres m’ont permis de mieux comprendre cette mécanique.
Mais ce que j’ai trouvé encore plus intéressant, c’est que le podcast va au-delà du sport. Le sujet de la haine, abordé ici à travers le prisme du foot, est aussi transposable à d’autres domaines de la société. Cette capacité à utiliser le sport comme un prétexte pour aborder des thèmes que certains jugeront plus intello est, pour moi, une preuve de la richesse culturelle qu’il peut offrir.
1 débat
Foot-business, trop plein ?
La signature de Seko Fofana au Stade Rennais pose un vrai problème. Bien sûr, chacun est libre de faire ce qu’il veut de son argent, et certains diront qu’il n’y a rien de choquant à ce qu’il reste actionnaire du RC Lens. Mais pour moi, ça dépasse la simple liberté individuelle. Il est actionnaire d’un club concurrent du sien. Comment ne pas y voir un conflit d’intérêts flagrant ?
Certes, il a démissionné de son poste d’administrateur à Lens, mais il reste financièrement lié au club. Et là, je ne peux m’empêcher de penser que c’est un symptôme des dérives du foot business. On est dans un sport où les règles se floutent au profit des affaires : entre la multi-propriété des clubs, les intérêts croisés des investisseurs, et maintenant ce genre de situation, on s’éloigne de plus en plus des valeurs sportives.
Je comprends parfaitement la colère des supporters lensois. Leur banderole, « Actionnaire et joueur d’un autre club : le foot moderne nous donne la gerbe« , résume bien mon sentiment.

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