Comme chaque semaine, retour sur trois faits marquants de l’actualité sportive, deux découvertes média (podcast, lecture, vidéo, …) et un débat ou une prise de position qui ont attiré mon attention.
3 faits marquants
Ski alpin: espoirs et doutes
Ce week-end, Clément Noël a encore frappé, remportant le slalom de Kitzbühel. C’est toujours un plaisir de le voir évoluer avec autant de maîtrise, et cette victoire, sa quatrième de la saison, donne un peu de baume au cœur pour les fans de ski français. À un an des Jeux olympiques, son niveau est plus qu’encourageant.
Mais difficile de ne pas penser, en parallèle, à toutes les blessures qui frappent l’équipe de France. Alexis Pinturault, pilier du ski alpin français, a vu sa saison s’arrêter brutalement après une chute. Fracture du plateau tibial, lésion du ménisque… c’est un coup dur pour lui, mais aussi pour l’équipe. Et puis il y a Cyprien Sarrazin, toujours en convalescence après une chute en descente à Bormio. Ses troubles de la vision après une hémorragie cérébrale rendent son retour incertain.
En tant que suiveur, je ne peux m’empêcher d’être partagé. D’un côté, il y a des motifs d’enthousiasme avec des performances comme celles de Clément Noël. Mais de l’autre, ces blessures rappellent à quel point ce sport est impitoyable. À un an des JO, le ski français peut rêver, mais il faudra espérer que les corps tiennent le choc pour transformer cet espoir en résultats concrets.
Biathlon, rdv aux mondiaux
Le biathlon est mon sport fil rouge de l’hiver, celui que je suis chaque week-end avec enthousiasme. Et ce week-end, à Antholz-Anterselva, les Français ont encore répondu présent.
Chez les hommes, l’équipe a remporté un quatrième relais consécutif cette saison. Une régularité impressionnante qui montre toute la force collective du groupe. Chez les femmes, Lou Jeanmonnot a frappé fort en signant un doublé: victoire sur le sprint et la poursuite. Julia Simon a aussi brillé avec une deuxième place sur la poursuite, confirmant sa régularité dans le top mondial.
Prochaine grande échéance : les Championnats du monde de Lenzerheide en février. Collectivement, les hommes dominent en relais, mais peinent parfois à se montrer compétitifs en individuel. À l’inverse, chez les femmes, c’est la force individuelle qui ressort avec des podiums réguliers et des performances marquantes. Si ces dynamiques se confirment, la France a de quoi prétendre à de belles médailles, mais il faudra faire face aux Norvégiens et Allemands, toujours redoutables.
L’ÉQUIPE en mutation
Souvent, je parle ici-même du journal L’Équipe pour recommander certains de leurs articles. Mais cette semaine, c’est un article du Monde sur la restructuration en cours au sein du groupe qui a retenu mon attention. Tous les passionnés de sport en France connaissent ce journal, et les changements qui s’y opèrent pourraient avoir un impact sur leur manière de consommer l’information sportive.
Sous la direction de Rolf Heinz, arrivé en 2024, le groupe s’est lancé dans une transformation ambitieuse : doubler les abonnés numériques d’ici 2030, séduire un public plus jeune et féminin, et multiplier les vidéos vues. Mais ces ambitions s’accompagnent de tensions internes. Le départ brutal du directeur de la rédaction, Lionel Dangoumau, et de son adjoint, Jean-Philippe Leclaire, a choqué en interne. S’ajoutent des inquiétudes sur l’indépendance éditoriale face aux annonceurs.
Les salariés redoutent que cette volonté de modernisation ne dénature ce qui fait l’ADN de L’Équipe. Reste à voir si ces changements permettront de répondre aux attentes d’un public en quête de qualité et d’émotion, sans perdre l’essence du journal.
2 médias intéressants
Un1que, Wembanyama
Cette semaine, j’ai découvert le documentaire Un1que consacré à Victor Wembanyama, diffusé sur Canal+ à l’occasion des matchs NBA à Paris, où les Spurs de Wenby étaient à l’affiche. Bien que ce reportage date de 2023, j’étais passé à côté jusqu’ici. Profitant de l’événement, en plus de suivre les matchs, j’ai décidé de me plonger dans ce documentaire. Et franchement, j’ai adoré.
J’aime ce genre de format long qui retrace le parcours d’un athlète. Cela permet de comprendre comment un champion se construit, à la fois sur le terrain et en dehors. Avec Wembanyama, on découvre un jeune homme d’une ambition rare, d’une maturité impressionnante et surtout d’une complexité qui dépasse le simple cadre sportif.
Ce type de portrait m’a fait penser au contenu que l’on peut trouver autour de Marchand, Dupont, ou même Mbappé. Ces sportifs ne se limitent pas à leur excellence sportive : ils incarnent des valeurs, des personnalités fortes, et des histoires inspirantes. Ce documentaire offre un éclairage précieux sur ce qui fait de Wembanyama un joueur et un homme « unique ».
Simon Dugué x Remi Rivet
Cette semaine, j’ai regardé la dernière vidéo YouTube de Simon Dugué, qui partage sa préparation pour un marathon en compagnie de son coach Rémi Rivet. En tant que fidèle suiveur des deux, c’était une occasion parfaite de découvrir cette collaboration.
Ayant moi-même parfois un pied (plutôt un orteil) dans la création vidéo et un autre dans le trail, j’apprécie énormément ce que propose Simon Dugué. Son approche artistique et sa maîtrise du story-telling permettent de sublimer le trail et d’autres disciplines sportives à travers des vidéos & photos toujours captivantes. De l’autre côté, Rémi Rivet est une référence pour moi. Que ce soit par ses contenus ou ses formations, il m’a aidé à structurer mes propres entraînements et ceux que je propose à mes amis.
Dans cette vidéo, Simon Dugué réussit à allier esthétique et authenticité, tandis que Rémi Rivet partage une partie de sa philosophie de l’entrainement. On y découvre la patte créative de l’un et les compétences d’entraîneur de l’autre dans une discussion riche et inspirante.
1 débat
Peut-on siffler Djokovic ?
Lors de la demi-finale de l’Open d’Australie, Novak Djokovic a été sifflé par une partie du public. Cela soulève une question : peut-on vraiment siffler un tel champion ?
Je fais partie de ceux qui n’apprécient pas Djokovic. Sa personnalité clivante, ses provocations et ses choix discutables me le rendent antipathique. Pourtant, je reconnais son immense talent. Il a parfaitement endossé le rôle d’antagoniste face à Nadal et Federer, rendant leur rivalité encore plus intense.
Sur cette demi-finale, les sifflets me paraissent injustifiés. Mais il récolte sans doute ce qu’il a semé au fil de sa carrière, surtout avec ses écarts récents en Australie.
Et finalement, ces sifflets, c’est peut-être là toute sa force. Ce rôle de personnage sombre, souvent détesté, crée des émotions, bonnes ou mauvaises. À l’inverse, Jannik Sinner, qui a remporté le tournoi, est talentueux mais trop neutre. Il me laisse froid. Un joueur qui ne transmet rien, même en gagnant, aura du mal à marquer les esprits. Djokovic, lui, ne laisse jamais indifférent, et c’est précisément ce qui fait, malgré tout, sa grandeur.

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