Itinéraire de la semaine – 03 février

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Comme chaque semaine, retour sur trois faits marquants de l’actualité sportive, deux découvertes média (podcast, lecture, vidéo, …) et un débat ou une prise de position qui ont attiré mon attention.

3 faits marquants

Candidature gâchée

Martin Fourcade a annoncé qu’il retirait sa candidature pour la présidence du comité d’organisation des JO d’hiver 2030. Une vraie déception tant il semblait être l’homme idéal pour ce poste : une légitimité sportive incontestable, une vision claire et une capacité à incarner ces Jeux.

Mais ce projet a, dès sa naissance, pris une tournure bien trop politique. Partagé entre plusieurs régions et des acteurs aux intérêts divergents, il est devenu un terrain de jeu pour certains, plus préoccupés par leur avenir personnel que par l’organisation des Jeux. Difficile de ne pas penser à Laurent Wauquiez, dont l’implication dans ce dossier semble surtout, d’après les rumeurs, servir ses ambitions nationales.

Face à ce climat, je comprends que Fourcade ait préféré jeter l’éponge. Il a dû sentir que le sport passait au second plan et qu’il allait devoir composer avec des logiques d’appareil bien éloignées de sa vision. Son retrait est une perte pour les Jeux, mais aussi la preuve qu’il existe encore des personnalités qui refusent d’être instrumentalisées.

Aux abonnés absents

Les Championnats du monde de ski alpin à Saalbach ont débuté, et les Français sont aux abonnés absents. Chez les hommes, l’absence de Pinturault et Sarrazin explique en partie ces résultats décevants, même si Nils Allègre a sauvé l’honneur avec une 10e place en descente. Chez les femmes, c’est encore pire : aucun résultat notable.

Quand on voit le travail des Suisses et des Autrichiens, c’est frustrant. La France a les infrastructures, mais peine à rivaliser. Une partie du problème vient peut-être des moyens : la Fédération Française de Ski fonctionne avec 22 millions d’euros de budget annuel, dont 12 millions dédiés au sportif, quand Swiss-Ski dispose de 60 millions de francs suisses et a enregistré 131 millions de bénéfice en 2023/24.

Difficile d’exister face à une telle différence. Il reste encore quelques épreuves pour sauver la mise, notamment avec Clément Noël en slalom. Mais si on veut des résultats, il faudra sans doute commencer par se donner les moyens.

Coup de Trafalgar ?

Je suis déçu. Je ne suis pas un puriste du rugby, mais je le suis assidûment lors des grands événements : Tournoi des Six Nations, Coupe du Monde, Coupe d’Europe des clubs. Et depuis plusieurs années, on me vend cette équipe de France comme l’une des meilleures générations. Mais dans les faits, ça commence à ressembler à une illusion.

Depuis l’arrivée de Fabien Galthié en 2020, il n’y a qu’une seule ligne au palmarès : le Grand Chelem de 2022. Et samedi, c’est encore une déconvenue. Une défaite frustrante, 26-25 face à l’Angleterre à Twickenham, dans un match où les Bleus ont surtout perdu tout seuls. Une entame ratée, des fautes évitables, une maîtrise qui s’effrite dans les moments-clés… Bref, une prestation qui laisse un goût amer.

Bien sûr, un faux pas peut arriver. Ce match ne remet pas tout en question. Mais à force d’enchaîner les rendez-vous manqués, le doute s’installe. On nous parle d’une équipe au potentiel immense, mais depuis quatre ans, on attend toujours la confirmation sur la durée et surtout dans les moments clés.

2 médias intéressants

Vent de fraicheur sur le ski

Cette semaine, L’Équipe Magazine dresse le portrait de Lucas Pinheiro Braathen, un skieur qui casse les codes et apporte un vent de fraîcheur au circuit. Excentrique, passionné de mode, DJ à ses heures, il veut moderniser le ski et y injecter plus de rock’n’roll.

Ce qui m’a plu, c’est son côté anti-conformiste, loin du moule habituel des skieurs. Mais derrière son image atypique, il y a un véritable champion, vainqueur du globe de cristal du slalom en 2023. Après un clash avec la Fédération norvégienne sur des questions de droits à l’image, il a surpris tout le monde en annonçant sa retraite… avant de revenir sous les couleurs du Brésil, pays où le ski est presque inexistant.

En pleine période de Championnats du monde, où les compétitions sont souvent formatées, Braathen apporte un vrai supplément de personnalité. Il assume son personnage, bouscule les codes et donne une autre dimension au ski alpin. Un portrait passionnant d’un athlète qui ne ressemble à aucun autre et qui pourrait bien dépoussiérer sa discipline.

L’essai de Netflix

En pleine période des Six Nations, je me suis laissé attirer par la série Netflix Six Nations: Full Contact. Dans la lignée de Drive to Survive pour la F1 ou Tour de France: Unchained, le but me semble clair : rendre le rugby plus accessible et attirer un public plus large.

Et sur moi, ça marche. Je ne suis pas un spécialiste du rugby, mais je suis pile dans le public cible : ceux qui suivent le sport de loin et qui pourraient se laisser happer par l’histoire des joueurs. J’ai regardé les trois premiers épisodes, et j’ai trouvé ça efficace. Plutôt que de nous noyer sous la tactique, la série met en avant des personnages forts comme Finn Russell ou Marcus Smith et raconte leurs histoires, ce qui pousse naturellement à suivre leurs performances différemment le week-end.

Évidemment, connaissant l’approche Netflix, je me méfie un peu. Dans Tour de France: Unchained, j’avais relevé des scénarios romancés, voire totalement réécrits. Ici, je n’ai pas le recul nécessaire pour juger, mais ceux qui suivent le Tournoi de très près trouveront peut-être des raccourcis gênants.

1 débat

La fin des petites courses ?

L’Étoile de Bessèges a viré au fiasco. Deux incidents avec des voitures à contresens, un peloton qui proteste, des équipes qui se retirent… Un coup dur pour cette course qui gagnait en crédibilité. ,Mais au-delà de Bessèges, une question plus large se pose : quel avenir pour les courses cyclistes locales et bénévoles ?

Les organisateurs peinent à sécuriser leurs épreuves avec des moyens limités, tandis qu’une professionnalisation extrême menace d’éliminer ces courses au profit d’un cyclisme ultra-financé et réservé à l’élite. Personnellement, je refuse de voir le cyclisme sombrer dans une hyper-élitisation. Les courses comme Bessèges, le Tour du Limousin, la Route d’Occitanie sont essentielles : elles révèlent des talents, offrent des opportunités aux équipes modestes et font vivre le sport dans les territoires.

Alors que la voie semble toute tracée vers un circuit fermé autour des grandes épreuves WorldTour, le tout organisé en ligue fermée, abandonner ces courses serait une immense perte. Le cyclisme ne doit pas devenir un sport de d’ultra-privilégiés.

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