Comme chaque semaine, retour sur trois faits marquants de l’actualité sportive, deux découvertes média (podcast, lecture, vidéo, …) et un débat ou une prise de position qui ont attiré mon attention.
3 faits marquants
Au bout de l’extrême
Je suis un suiveur assidu d’ultra trail, pratiquant régulier de trail, mais ce type d’épreuve ne m’attire pas particulièrement. Des jours à lutter contre le froid extrême, isolé au fin fond du Yukon… Ce n’est plus du sport, c’est de la survie.
Et pourtant, difficile de ne pas être admiratif devant ce qu’a accompli Mathieu Blanchard. En terminant le premier les 600 km du Yukon Arctic Ultra, dans des températures allant jusqu’à -40°C, il a repoussé les limites physiques et mentales comme peu peuvent le faire.
Ce genre d’épreuve, c’est autre chose que la compétition classique. L’enjeu n’est pas tant de gagner que de survivre et d’aller au bout. Et quelque part, c’est une bouffée d’air frais à une époque où le trail et l’ultra deviennent de plus en plus professionnalisés, formatés, et peut-être un peu éloignés de l’esprit d’aventure d’origine.
Chronique d’une catastrophe annoncée
Comme je l’ai déjà dit ici plusieurs fois, la mauvaise gestion de la Ligue et l’incompétence de ses dirigeants allaient finir par se payer. Et là, on est en train d’atteindre le point de non-retour.
Le feuilleton des droits TV, bancal depuis le début, prend une tournure critique : DAZN refuse de payer la totalité des sommes dues à la LFP. La plateforme invoque l’augmentation du piratage et certaines restrictions imposées par les clubs, mais j’y vois surtout un diffuseur qui sent l’échec venir et tente de fuir avant d’y laisser trop de plumes.
En tant que consommateur de Ligue 1, je peux aussi reprocher pas mal de choses à DAZN. Une réalisation médiocre, des bugs techniques… Bref, une très mauvaise valorisation du produit. Ils espéraient attirer les abonnés, mais avec un service aussi bancal et un prix d’entrée mal calibré au départ, c’était perdu d’avance.
La conséquence est claire : si ce bras de fer continue et que l’argent ne tombe pas, plusieurs clubs vont être en immense difficulté. On en revient au même problème : ce que tous les suiveurs avertis prédisaient est en train de se produire.
Et difficile d’avoir de la compassion pour les dirigeants de la Ligue dans cette histoire. Ils avaient toutes les cartes en main pour éviter un nouveau fiasco façon Mediapro, et pourtant, ils foncent droit dedans.
Barrages sans saveur
J’avais dit que j’aimais bien le nouveau format de la Ligue des champions, notamment parce qu’il avait redynamisé la phase de groupes. J’étais curieux de voir ce que donneraient ces matchs de barrage, qui offrent une sorte de pré-tour avant les huitièmes.
Mais après cette première salve, je ne suis pas convaincu. Est-ce le prisme français qui joue, avec ce Brest-PSG (0-3) qui ressemblait plus à un match de Ligue 1 lambda qu’à une affiche européenne ? Peut-être. Mais globalement, je n’ai pas ressenti l’excitation que peut apporter un vrai huitième de finale. Le PSG, avec une victoire nette grâce à un doublé de Dembélé et un penalty de Vitinha, a déjà quasiment scellé l’issue de cette confrontation avant même le retour.
C’est peut-être le contre-coup du nouveau format : l’enjeu des derniers matchs de la phase de groupes a un peu retiré de l’attrait à ce barrage intermédiaire. Et en plus, les horaires à 18h45, franchement, difficile d’installer un rendez-vous marquant à ce moment-là.
Alors bien sûr, ces barrages ont leur utilité sportive, mais pour l’instant, je suis bien plus impatient de voir les vrais huitièmes arriver.
2 médias intéressants
11ème Art – La défaite
Dans à de ses derniers épisodes, l’équipe du podcast 11ème Art s’attaque à un sujet qui me parle particulièrement : le rapport à la défaite dans le sport.
Le format est toujours aussi efficace : une discussion bien préparée, des analyses argumentées et des visions qui, parfois, s’opposent sans tomber dans le débat stérile.
En tant que fan de cyclisme, difficile de ne pas penser à Thibaut Pinot, personnage parfait pour ce thème. Il s’est construit à travers des échecs mémorables, certains sans lendemain heureux. Et une grande partie de la sympathie, voire fanatisme, que le public lui porte provient de cela.
Le podcast explore plusieurs axes : l’obsession du « mindset positif » façon entrepreneur LinkedIn, les différences culturelles entre Européens et Anglo-Saxons face à l’échec, la défaite comme moteur de futurs succès…
Un épisode riche en réflexions, à écouter pour alimenter son esprit autour d’une thématique que tout le monde à un jour affronté: la défaite.
Face a face
J’avais entendu parler du podcast Face à Face l’an dernier sans prendre le temps de l’écouter. Cette année, je me suis lancé, et le concept me plaît bien.
Le principe ? Suivre en fil rouge trois coureurs de l’équipe Groupama-FDJ : Valentin Madouas, Lenny Martinez et Romain Grégoire. L’idée est de les voir évoluer tout au long de la saison, sur et en dehors du vélo.
Le premier épisode réunit les trois autour de Claire Bricogne, journaliste sur La Chaîne L’Équipe. Plus qu’une simple interview, c’est une discussion fluide où chacun se livre. L’objectif est clair : créer un lien avec ces coureurs avant de les suivre individuellement dans les prochains épisodes.
Un bon format, bien rythmé, qui donne envie de poursuivre pour en apprendre plus sur ces trois profils aux parcours et ambitions différentes. À voir comment ça évolue, mais le premier épisode donne envie d’y revenir.
1 débat
Dopage, le grand écart ?
Jannik Sinner, suspendu trois mois pour dopage après un accord avec l’AMA. Trois mois seulement, alors que la sanction standard est de deux ans. Pourquoi une peine à la carte ?
Dans le tennis, comme dans d’autres sports majeurs (foot, NBA…), la lutte antidopage semble plus être une contrainte qu’un vrai combat. Quand un cas éclate, on minimise, on négocie, et tout reprend comme si de rien n’était.
Le contraste avec le cyclisme est saisissant. Ce sport, marqué par des scandales passés, est scruté en permanence. Chaque soupçon devient une affaire, chaque faute est sanctionnée. La vigilance est présente, dans les médias comme chez les suiveurs. Et c’est très bien comme ça.
Mais, alors, pourquoi ces différences ? Pourquoi certains sports peuvent-ils ajuster les sanctions selon l’importance du joueur ou l’intérêt du calendrier ? Si l’antidopage est un principe, il doit être le même pour tous.

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