Comme chaque semaine, retour sur trois faits marquants de l’actualité sportive, deux découvertes média (podcast, lecture, vidéo, …) et un débat ou une prise de position qui ont attiré mon attention.
3 faits marquants
Le Poggio ne suffit plus
Première grande classique de l’année, Milan-San Remo marquait un tournant attendu. Pogacar, en quête d’une des dernières lignes manquantes à son palmarès, voulait frapper fort. Le scénario était clair : il fallait dynamiter la course tôt.
Et c’est exactement ce qu’il a tenté. Multiples attaques dès la Cipressa, un rythme élevé, un effort long, à contre-courant de ce que San Remo propose d’habitude. Van Der Poel et Ganna seuls capables de répondre. Puis, dans le Poggio, nouveau feu d’artifice.
Un duel intense entre deux monstres du peloton, avec Ganna en juge de paix. Et pour nous, spectateurs, un San Remo qui ne s’est pas résumé à 10 minutes finales, mais à 45 minutes de tension et d’instinct.
J’ai souvent critiqué la domination de Pogacar ou celle de MVDP cet hiver en cyclo-cross. Mais quand on les met ensemble, ça donne ça. Une course où l’intensité l’emporte sur le calcul. Mention aussi à Romain Grégoire, encore un peu tendre, mais dans le bon wagon.
Pogacar retentera, c’est sûr. Mais il faudra que d’autres comme MVDP soient là pour l’accompagner. Sinon, à trop vouloir écraser, il risque de tuer ce qu’il est en train de sublimer : le spectacle.
Biathlon, dénouement cruel
C’était la dernière course féminine de la saison en Coupe du monde de biathlon. Une mass start à Oslo avec un enjeu clair : celle qui terminait devant entre Lou Jeanmonnot et Franziska Preuß remportait le gros globe.
Et comme à San Remo la veille, on a eu droit à un scénario épique, qui s’est écrit sur plusieurs jours. Jeudi, Jeanmonnot perd pour 0″2 face à Preuß. Samedi, elle gagne et reprend la tête. Dimanche, c’est la grande explication finale. Parfaitement scripté.
Et le film a tenu ses promesses : un duel au sommet, des tirs impeccables, les deux en tête au dernier tour. Jeanmonnot semble pouvoir le faire. Elle est là, bien placée. Et puis, à 1 km de la ligne, elle chute dans un virage. Image terrible.
Preuß s’envole. Le classement aussi. Et Jeanmonnot, au sol, voit le globe s’échapper. Cruel, oui. Mais aussi magnifique. Parce que ce genre de scénario, on ne peut ni l’écrire, ni l’inventer. Il se vit, il se subit. C’est le sport qu’on aime.
Un format court, du tir, de la tension, un duel direct : le biathlon a tout pour créer des histoires à haute intensité. Celle-là, malgré la fin douloureuse, restera comme le point d’orgue d’un superbe hiver tricolore.
Je n’y croyais pas. Et pourtant
Je vais être honnête : la Ligue des Nations ne m’a jamais intéressé. Une compète artificielle, censée maquiller des amicaux sans saveur. Et avec le jeu proposé par l’équipe de France, aucune envie de m’infliger ça.
Jeudi, je n’ai même pas regardé le match aller. Et vu les retours : match faible, animation floue, intensité absente… j’ai eu raison.
Mais dimanche, petit goût de revanche dans l’air. Un mini-enjeu, une tension… je me suis laissé tenter, sans trop y croire. Et finalement, je me suis pris au jeu.
Plus offensive, un peu brouillonne mais plus vivante, l’équipe de France m’a accroché. Et quand je vois les qualifiés – Espagne, Allemagne, Portugal – je me dis que le format n’est pas si mal.
Ce n’est ni l’Euro ni un Mondial, mais ça m’a intéressé. Et c’est déjà pas mal. Le fond de jeu reste fragile, Deschamps de plus en plus hautain dans ses réponses. Mais pour une fois, j’ai regardé jusqu’au bout. C’est peut-être que la Ligue des Nations fonctionne. Un peu.
2 médias intéressants
Deux Nuits avec Maxime Chanot : le foot à l’américaine
Je recommande souvent le contenu de la chaîne Youtube Deux Nuits Avec, et ce n’est pas prêt de changer. Cette fois, on part à la rencontre de Maxime Chanot, défenseur du Los Angeles FC, désormais aussi club de Giroud et Lloris. Et comme toujours, la force du format, c’est la proximité avec l’athlète.
Chanot a un vrai parcours. Neuf ans passés aux États-Unis, une trajectoire assez atypique, et surtout des choses à raconter. Et dans cette vidéo, ce n’est pas juste le joueur qu’on découvre, mais aussi toute une vision du foot aux Etats-Unis.
On visite les installations du LAFC, on vit deux match de l’intérieur, et surtout, on comprend mieux comment fonctionne ce championnat, comment il se structure. Chanot livre ses comparaisons, notamment grâce à ses expériences en Europe, ses réflexions, sa vision.
À l’aube de la Coupe du monde 2026 organisée en partie aux États-Unis, cette vidéo tombe à point. C’est instructif, bien produit, et fidèle à l’esprit de la chaîne : mettre en lumière les parcours, mais aussi les environnements qui les façonnent.
Le foot du dimanche, en prime time
IJe ne pouvais pas ne pas en parler. BeINSquad, c’est le nom d’une initiative que je trouve à la fois décalée et formidable. La chaîne a décidé de diffuser un match de 4e division de District, soit la 12e division du foot français. Oui, vous avez bien lu.
Et ce n’est pas juste une caméra posée au coin du terrain. 12 caméras, un car régie, un duo Sabattier-Guillou aux commentaires, Gregory Coupet et Sonny Anderson en consultants, journaliste en bord de terrain, arbitre équipé d’un micro et d’une caméra. Un dispositif de Ligue 1, pour un terrain en pente.
Le match ? Un Aiguilhe-Laussonne 2 qu’on aurait pu vivre un dimanche dans n’importe quel coin de France. Terrain bosselé, main courante, ambiance festive. Et c’est justement ça qui m’a plu. Ça m’a rappelé mon football. Celui des débuts. Celui qu’on vit plus qu’on ne regarde.
Bien sûr, l’événement est passé. Mais les extraits sont encore visibles, et si ça revient, je vous conseille de jeter un œil. Parce que ce football-là, celui de la base, mérite lui aussi d’être mis en lumière. Et franchement, beIN a réussi un très joli coup.
1 débat
Un Tour qui s’exporte… un peu trop ?
L’annonce est tombée : en 2027, le Tour de France partira d’Édimbourg. Un nouveau départ à l’étranger donc, le premier depuis l’Écosse. Et comme à chaque fois, les mêmes commentaires ressurgissent : “ce n’est plus le Tour de France”. Des critiques un peu caricaturales à mon goût. Parce qu’en réalité, le Tour est sorti de France dès 1954, depuis Amsterdam. Et depuis, ces départs à l’étranger sont devenus réguliers, le 27ème en 2027.
Ce qui interroge davantage, c’est le rythme auquel ils s’enchaînent. En 2022, c’était Copenhague. En 2023, Bilbao. En 2024, Florence. En 2026, Barcelone. Et maintenant Édimbourg pour 2027. Cinq départs hors de France en six éditions. Là, oui, on peut commencer à se poser des questions.
Je suis bien conscient des raisons derrière cette stratégie. Un Grand Départ, c’est une manne financière. À titre d’exemple, Copenhague a déboursé près de 10 millions d’euros. Et forcément, derrière cette logique, l’envie de conquérir de nouveaux publics, d’élargir encore la portée du Tour.
Mais peut-être faudrait-il moduler un peu, ne pas céder à l’appel systématique de l’export. Car à trop vouloir s’ouvrir, le Tour risque de se perdre. Et perdre un peu de ce qui en fait sa force : un ancrage fort dans les territoires français.

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