Comme chaque semaine, retour sur trois faits marquants de l’actualité sportive, deux découvertes média (podcast, lecture, vidéo, …) et un débat ou une prise de position qui ont attiré mon attention.
3 faits marquants
Pogacar sur les pavés
Cette semaine, Pogacar a officiellement modifié son programme : pas de courses belges pour souffler un peu, en vue d’un objectif tant attendu – sa première participation à Paris-Roubaix.
Pendant ce temps, en son absence, on a eu droit à un nouveau récital de Van der Poel sur l’E3, en solitaire évidemment, avant que Mads Pedersen ne fasse pareil sur Gand-Wevelgem. C’est simple : quand l’un des mutants est seul au départ, la course perd en tension.
Mais là, avec Pogacar qui débarque sur l’Enfer du Nord, tout change. On le dit peu à l’aise sur les pavés ? Moi, je repense à son passage solide sur l’étape pavée du Tour 2022, où il s’était très bien débrouillé, sans être sur son terrain de prédilection.
Cela dit, s’il n’a pas réussi à décrocher Van der Poel sur San Remo, j’ai du mal à le voir faire la différence sur Roubaix. Mais c’est justement ça, le sel de cette course : les aléas, les chutes, les crevaisons … rien n’est jamais écrit.
Alors évidemment, le duel Pogacar–Van der Poel excite tout le monde. Mais j’espère qu’il ne se résumera pas à ça. Il faudra un Ganna en forme, un Pedersen aussi costaud qu’en ce moment, et pourquoi pas un Van Aert enfin retrouvé.
France–Écosse, et quelques idées reçues
Ce samedi, par hasard, je suis tombé sur le match France–Écosse du Tournoi des Six Nations féminin. Je crois bien que je n’avais jamais regardé une rencontre féminine de rugby. Curieux, j’ai laissé le match. Et j’ai été agréablement surpris par la qualité du jeu.
Les Bleues se sont imposées 38-15, signant leur deuxième victoire de rang après celle en Irlande. Elles pointent désormais à la 2e place du classement, juste derrière l’Angleterre, également invaincue.
Il est évident que le rugby féminin a longtemps souffert d’un manque de médiatisation et de moyens. Mais des initiatives récentes montrent qu’un virage est amorcé comme une meilleure médiatisation
Malgré tout, les chiffres rappellent la réalité : une joueuse peut espérer 7500 € à l’année via des primes de match entre 230 et 420 €. Pour vivre de ce sport, la majorité doit encore travailler ou étudier à côté.
Mais on peut espérer qu’en continuant à médiatiser ce sport, un cercle vertueux s’installe : plus de visibilité, plus de financements, plus de temps pour s’entraîner, plus de niveau de jeu.
Rivalité rangée, inquiétude partagée
En tant que supporter lyonnais, il est rare que je m’exprime sur des sujets concernant l’ASSE. Mais les récentes manifestations des supporters stéphanois dépassent le cadre de la rivalité sportive et touchent à des principes fondamentaux.
Le ministère de l’Intérieur a engagé une procédure visant à dissoudre trois groupes de supporters, dont les Magic Fans et les Green Angels de l’ASSE, en raison de « violences graves » alléguées. En réponse, quelques milliers de supporters ont défilé jusqu’au stade Geoffroy-Guichard pour protester contre cette décision.
Cette démarche soulève de vraies inquiétudes quant au respect des libertés fondamentales. Les sanctions collectives semblent injustes, d’autant plus que les chiffres avancés sur les incidents et les forces mobilisées sont largement contestés. Mieux vaudrait cibler les fauteurs de troubles avec des sanctions individuelles, plutôt que pénaliser tout un groupe.
Je n’ai pas ici la place pour tout développer, mais il serait bon de rappeler – rapports du ministère à l’appui – que le ministre lui-même tord certains faits pour justifier sa décision. Et on peut raisonnablement penser que le football sert ici d’exemple facile pour afficher une sévérité politique… avec d’autres visées, à peine voilées.
2 médias intéressants
Philosophie FC– Penser le foot
Thibaud Leplat, je l’ai découvert comme beaucoup via ses interventions dans l’After Foot sur RMC. Philosophe et journaliste, il apporte sa touche perso en parlant du football autrement, avec une vision un peu plus distanciée mais sans jamais se couper du concret.
Il vient de lancer sa chaîne YouTube, Philosophie FC, et l’une des premières vidéo donne le ton : “Un football sans violence est-il possible ?”. Un thème parfaitement raccord avec certaines discussions récentes ici – sur les tribunes, sur les tensions, sur ce que le foot dit (ou cache) de la société.
Personnellement, j’ai toujours eu envie de me replonger un peu dans la philo, mais difficile de s’y remettre quand on n’en a que des souvenirs lointains. Le sport me sert souvent de passerelle, et ici, c’est exactement ce qui est proposé : un format calme, documenté, qui part du football pour aller plus loin. En tout cas, c’est comme ça que j’ai envie de l’appréhender : non pas comme une leçon, mais comme une invitation à creuser ce que ce sport raconte.
Il ne s’agit pas de répondre à tout, mais de poser les bonnes questions. De croiser analyses, références et constats pour réfléchir autrement à ce jeu qu’on aime. Une vidéo qui donne envie de suivre la suite.
Voeckler, introspectif
Thomas Voeckler, tous les suiveurs de cyclisme le connaissent. Et pour ma part, il fait partie de ceux qui ont marqué mes débuts de spectateur. En 2004, au moment où je commençais à vraiment m’intéresser au vélo, lui devenait un visage familier de chaque été. Maillot jaune accroché, grimaces devenues culte, panache en bandoulière. Depuis, il n’a jamais quitté le paysage : il a juste changé de rôle.
Mais même si on a l’impression de le connaître – il commente, il sélectionne, il est là toute l’année – je n’avais encore jamais vraiment vu ou lu un récit complet. C’est justement ce que propose cette interview dans “L’Échappée”, l’émission vélo de Winamax.
On découvre ou redécouvre l’homme derrière le personnage. Son enfance en Martinique, la perte de son père à l’adolescence, ses débuts à la Vendée U, ses titres de champion de France, la fameuse “Voecklermania” en 2004, son Tour terminé 4e en 2011, son transfert avorté chez Cofidis… Rien n’est éludé.
C’est bien mené, bien rythmé, sans chercher le buzz. Simplement un passionné qui revient sur sa trajectoire. Et pour qui a grandi avec ce vélo-là, c’est à voir.
1 débat
NBA Europe : danger pour le basket européen ?
La NBA a confirmé son ambition d’implanter une ligue en Europe, en partenariat avec la FIBA. Le projet ? 16 clubs, dont 12 franchises permanentes, avec des noms comme le Real Madrid, le Barça, l’ASVEL ou Fenerbahçe évoqués. Un format pensé pour étendre l’empire NBA au-delà de l’Atlantique.
Financièrement, le contraste est saisissant : 12 milliards d’euros de revenus annuels pour la NBA, contre 665 millions pour l’Euroligue. L’enjeu est clair : conquérir un nouveau marché, standardiser le produit, globaliser encore plus le basket.
Mais personnellement, je suis très partagé. J’ai toujours vu une vraie différence entre le sport à l’américaine et le sport à l’européenne. Là-bas, c’est le divertissement d’abord. Ici, c’est le jeu, l’histoire, la culture. Un match NBA, aussi spectaculaire soit-il, n’a rien à voir avec un duel d’Euroligue. Et je n’ai pas envie qu’on perde cette identité.
En sport comme sur d’autres sujets, il faut sans doute veiller à préserver une certaine indépendance européenne.

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