Itinéraire de la semaine – 14 avril

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Comme chaque semaine, retour sur trois faits marquants de l’actualité sportive, deux découvertes média (podcast, lecture, vidéo, …) et un débat ou une prise de position qui ont attiré mon attention.

3 faits marquants

Le naufrage continue

Le jour où l’avenir des droits TV se jouait, Vincent Labrune n’était pas là. Une absence plus que symbolique, dans un moment où la Ligue a besoin de cap, de leadership… et d’un vrai président.

Ce mardi 15 avril, la médiation entre la LFP et DAZN a officiellement échoué. DAZN, engagé pour 400 millions d’euros par an, refuse de payer les 140 millions restants et réclame 573 millions d’euros à la LFP pour « manquement observé » et « tromperie sur la marchandise » .

C’est une crise majeure pour un football français déjà fragilisé financièrement. Et pendant que ce dossier explosif se jouait, où était Vincent Labrune ? À Birmingham, assistant au quart de finale de Ligue des Champions entre Aston Villa et le PSG.​

Cela peut sembler anecdotique, mais c’est un symbole accablant. Depuis des mois, la LFP est critiquée pour son manque d’anticipation et ses décisions contestables. Et au moment où le football français a besoin d’un capitaine à bord, son président est à 1 000 kilomètres, en tribune VIP, comme si de rien n’était.​On justifie souvent les salaires de ces postes par le poids des responsabilités. Mais visiblement, ce poids n’est pas si lourd quand il s’agit d’assumer en pleine tempête.​

Le plus inquiétant, ce n’est pas seulement l’échec avec DAZN. C’est l’impression que, même au bord du gouffre, rien ne changera. Personne ne démissionne, personne ne rend de comptes.​ La Ligue 1 n’est pas prête pour l’après-DAZN. Et avec une gouvernance pareille, on comprend pourquoi.​

Le retour de l’incertitude

L’Amstel Gold Race 2025 a déjoué les pronostics, offrant un scénario haletant où la domination attendue de Pogacar a été remise en question

L’Amstel, c’est le début des ardennaises. Et cette année, avec Pogacar aligné après sa razzia sur les courses du début d’année, on s’attendait à un copier-coller : attaque de loin, raid solitaire, et fin de l’histoire.Et effectivement, quand il a placé son offensive à 47 km de l’arrivée, j’ai cru que le scénario allait encore se répéter. Lâché Alaphilippe, creusé l’écart… On connaît la chanson. Mais cette fois, ça n’a pas déroulé comme d’habitude.

Parce qu’il y en a un qui n’a pas voulu laisser faire : Remco Evenepoel. Revenu de blessure, il m’avait déjà bluffé en gagnant la Flèche Brabançonne. Mais là, il a montré qu’il n’avait aucune intention de jouer les figurants. “Je pensais que Pogacar s’en était allé définitivement”, a même dit Van Aert après la course. Remco, lui, y a cru. Et il a eu raison.

Avec Skjelmose dans la roue, ils ont réussi à combler l’écart. Et à la surprise générale, c’est le Danois qui lève les bras. Belle victoire pour lui, opportuniste et bien calé dans le bon wagon. Mais ce que je retiens surtout, c’est que la domination écrasante de Pogacar semble, pour une fois, grincer un peu.

Peut-être un coup de moins bien ? Une forme qui décline après des semaines à enchaîner ? Je ne sais pas. Mais ce que je sais, c’est que pour la semaine à venir — Flèche Wallonne, Liège-Bastogne-Liège —, ça relance tout. Et ça fait du bien.

Semaine noire

Trois matchs européens, trois expériences. Entre la beauté tactique et technique des chocs de C1, et le grand écart émotionnel d’un OL-Manchester, j’ai retrouvé ce qui me fait vibrer dans le foot.

C’est sans doute l’une des pire semaine de son histoire pour l’OL. Une élimination à Manchester dans un scénario rocambolesque. Puis, trois jours plus tard, une défaite dans le derby. Et pas n’importe laquelle : une soirée absurde, surréaliste. Une expulsion annulée alors qu’elle était justifiée, un match interrompu pour agression d’arbitre… et au final, une défaite dans un stade incandescent.

Il y aurait évidemment beaucoup à dire sur le jeu. Sur les limites collectives, sur les individualités qui s’éteignent quand il faudrait qu’elles brillent. Mais ce que je retiens surtout, en tant que supporter, c’est la spirale d’émotions négatives dans laquelle on est aspiré.

Je sais que certains ne comprennent pas cette passion qu’on peut avoir pour un club. Ils regardent ça de loin, avec un haussement d’épaules. Mais quand on vit les matchs, quand on les attend, quand on espère — parfois contre toute logique — on finit par encaisser chaque coup comme s’il était personnel.

Cette semaine, c’est la fatigue émotionnelle qui l’emporte. Parce qu’il n’y a même plus de colère, juste une lassitude, un mélange de résignation et de tristesse. C’est ça, aussi, être supporter. Et c’est pour ça qu’on reste.

2 médias intéressants

Le tennis loin des projecteurs

À quelques semaines de Roland-Garros, cette vidéo nous plonge dans un tout autre tennis : celui des joueuses qui luttent dans l’ombre, entre passion, précarité et persévérance.

Encore une fois, je recommande un épisode de Deux Nuits avec, que j’évoque régulièrement ici. Même format : de la proximité, du concret, une plongée dans le quotidien sportif. Et cette fois, direction le tennis, mais surtout, le tennis loin des grands courts.

À quelques semaines de Roland-Garros, cette vidéo raconte la réalité d’une joueuse classée autour de la 300e place mondiale, Sara Cakarevic. Et ce que l’on découvre, c’est tout un monde à part : celui des tournois de seconde zone, des déplacements en solo, des nuits à l’hôtel sans coach, parce que l’avoir avec soi coûte trop cher.

Pas de luxe, pas de strass. Juste une passion tenace, une volonté de ne pas lâcher malgré tout. La vidéo est sobre, bien rythmée, et permet de toucher du doigt cette autre réalité du sport pro, où la ligne est fine entre rêve et survie.

On parle souvent du tennis en haut de la pyramide. Ce contenu-là rappelle que l’immense majorité des joueurs et joueuses vivent dans l’ombre. Et que continuer, malgré tout, relève souvent d’un choix de cœur plus que de raison. En espérant pour elle que sa détermination l’emmène à l’étage supérieur… et qu’on puisse la retrouver dans un autre épisode, une fois son rêve réalisé.

Au cœur de Paris-Roubaix avec Groupama-FDJ

Une vidéo immersive, produite par l’équipe elle-même, qui montre les coulisses d’un monument. Sans tout révéler, mais en laissant entrevoir ce qu’on ne voit jamais à la télé.

J’ai toujours eu un faible pour les contenus « inside », surtout quand ils sont bien réalisés. Et cette vidéo, produite par l’équipe Groupama-FDJ autour de Paris-Roubaix, en est un bon exemple : courte, bien rythmée, immersive. On suit le staff, les coureurs, les briefings d’avant-course, les regards, les silences. L’après aussi, évidemment.

Évidemment, c’est une vision filtrée, produite par l’équipe elle-même – rien à voir avec un documentaire journalistique indépendant. Mais ce type de format permet de tisser un lien, de mieux comprendre la dynamique d’un collectif, et de ressentir les émotions de l’intérieur.

Un format équivalent a été proposé par FDJ–Suez pour la course féminine du même week-end. Je vous invite à la regarder également : cette équipe maîtrise particulièrement bien ce genre de contenus et en propose régulièrement. Peut-être un peu plus que Groupama-FDJ, qui gagnerait à en faire davantage.

1 débat

Faut-il revoir l’usage de la VAR ?

Quand la technologie amène l’arbitre à corriger une bonne décision… pour en prendre une mauvaise.

Ce week-end, lors du derby entre Saint-Étienne et Lyon, une scène m’a particulièrement marqué. Lucas Stassin est expulsé pour une faute violente sur Corentin Tolisso, contraint de quitter le terrain sur civière. Mais la VAR intervient, et l’arbitre François Letexier requalifie la sanction en carton jaune. Après le match, il reconnaît que le rouge aurait été la bonne décision. ​

Des erreurs d’arbitrage, il y en aura toujours. Mais ici, c’est la VAR qui pousse à transformer une bonne décision en une mauvaise. On nous avait présenté la VAR comme une solution miracle. Mais à l’arrivée, les polémiques sont toujours là. Elles ont juste changé de nature. On ne parle plus de la décision en elle-même, mais de la manière dont la VAR a (ou n’a pas) été utilisée. On remplace une interprétation par… une autre interprétation.​

Car oui, l’arbitrage reste un jugement subjectif. Une image, selon l’angle, la vitesse ou le ralenti, ne livre pas une vérité absolue. À force de vouloir objectiver l’émotion du jeu, on finit par déresponsabiliser l’arbitre.​

Alors quitte à ce qu’il y ait débat, autant assumer que ce soit l’homme sur le terrain qui tranche. Pas une cabine à 300 km de là.

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