Itinéraire de la semaine – 28 avril

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Comme chaque semaine, retour sur trois faits marquants de l’actualité sportive, deux découvertes média (podcast, lecture, vidéo, …) et un débat ou une prise de position qui ont attiré mon attention.

3 faits marquants

Formule 1 : le fond, la forme

Ce week-end, j’ai enfin pris le temps de regarder un Grand Prix de F1 en entier. Et au-delà du résultat, c’est tout l’écosystème autour qui m’a frappé.

Je suis la Formule 1, mais d’assez loin. Je lis les résumés, je regarde les temps forts, je suis les grandes tendances. Mais ce week-end, pour une fois, j’ai regardé les qualifications et la course. Et j’ai pu voir de mes propres yeux ce que je lis depuis le début de saison.

McLaren qui prend une nouvelle dimension. Verstappen toujours aussi hargneux, parfois à la limite de l’acceptable. Ferrari qui… reste Ferrari, avec ses promesses, ses tensions, et ce petit parfum d’embrouille qui revient trop souvent. Sportivement, le Grand Prix de Miami a résumé beaucoup de choses. Mais ce qui m’a le plus frappé, c’est tout ce qu’il y a autour.

Le traitement médiatique est léché, dense, rythmé. Canal+ en fait un produit haut de gamme. L’habillage est fort, le commentaire précis. Et même dans les excès — une Ferrari partiellement bleue pour un sponsor, des voitures en Lego pour le tour de présentation —, on sent un produit totalement maîtrisé.

On peut sourire, trouver ça too much. Mais force est de constater que la F1 s’est transformée en spectacle total. Et quand on compare avec ce qu’on voit en Ligue 1, le contraste est cruel. En France, on parle souvent du fond : niveau, budget, affluence. Mais la forme compte aussi. Et dans ce domaine, on accuse plusieurs tours de retard.

Martinez confirme, le Giro arrive

Le Tour de Romandie a révélé une belle performance française : celle de Lenny Martinez. Et annonce le vrai début de la saison des courses à étapes.

La semaine dernière, je parlais de Paul Seixas. Cette semaine, c’est Lenny Martinez qui a pris le relais. Vainqueur d’étape sur le Tour de Romandie, 2e au général, il n’est pas passé loin de devenir le premier Français à remporter une course par étapes World Tour depuis Christophe Moreau. Une performance majeure.

J’ai été déçu de son départ de la Groupama-FDJ. Parce qu’il y avait une vraie continuité à construire, parce que c’est là qu’il s’est développé. Mais je ne suis pas dupe : dans le cyclisme d’aujourd’hui, difficile de rivaliser avec les offres XXL de certaines équipes comme Bahrain. C’est la règle du jeu, et il faut espérer qu’il saura en tirer le meilleur.

Quoi qu’il en soit, Martinez confirme ce qu’on voyait poindre depuis un moment : il n’est plus seulement un espoir, il devient un coureur capable de peser. Et dans un cyclisme français en manque de repères sur les courses à étapes, c’est une excellente nouvelle.

Le Tour de Romandie marque aussi une bascule. Les classiques sont derrière nous, place au Giro dès vendredi.

Un autre Paris en Ligue 1

La montée du Paris FC, attendue depuis l’arrivée des investisseurs Arnault et Red Bull, offre enfin un contre-modèle au PSG. Même ville, même rue, autre projet.

J’avais déjà parlé ici de l’arrivée d’un nouvel investisseur au Paris FC : la famille Arnault, accompagnée par Red Bull. Et forcément, dès cet instant, une idée s’était installée chez beaucoup de suiveurs : maintenant, il faut monter. Pour voir ce que ce club peut proposer avec ses moyens, pour tester son ambition, pour exister autrement à Paris. C’est fait, le PFC sera en L1 la saison prochaine.

Cette montée n’est pas seulement sportive. Elle ouvre une nouvelle page, dans un décor très particulier : deux clubs d’une même ville, qui partagent à l’origine une histoire commune, et qui seront demain séparés… d’une rue. Le Parc des Princes d’un côté. Jean Bouin, futur stade du PFC, juste en face. Et deux visions du football qui, peut-être, s’opposent.

Le PFC annonce vouloir miser sur la formation, le travail, les jeunes de la région parisienne. Une logique presque “à l’allemande”, structurée et patiente. À l’opposé d’un PSG construit par le sommet, via des stars mondialisées. Deux modèles, deux récits. Dans la même ville. Pour la première fois, on pourra les comparer à échelle réelle.

Ce ne sera pas un duel d’égaux. Pas tout de suite. Mais ce sera une expérience intéressante à suivre.

2 médias intéressants

Droits TV : Serious Charly fait le point

Dans sa dernière vidéo, Serious Charly synthétise clairement les enjeux à venir autour des droits TV de la Ligue 1. Utile pour comprendre où on va.

J’avais déjà recommandé ici la première vidéo de cette série. Elle revenait sur l’histoire des droits TV de la Ligue 1, pour comprendre comment on en est arrivé à la situation actuelle. La suite vient de sortir, et elle est tout aussi utile : en une quinzaine de minutes, Serious Charly explique ce qui peut — ou ce qui va — se passer.

C’est un sujet que j’évoque régulièrement ici. Parce qu’il est central, structurant, et qu’il détermine beaucoup de choses dans l’économie du foot français.

Et cette vidéo a le mérite de tout poser clairement : la fin de l’option DAZN, la possible création d’une chaîne 100 % Ligue 1 par la LFP, les incertitudes autour du modèle, les réticences des diffuseurs, les solutions envisagées… tout y passe, sans jargon inutile, avec la clarté qu’on lui connaît.

C’est un bon point d’étape, surtout pour ceux qui n’ont pas le temps de suivre chaque rebondissement. Et c’est aussi un rappel : le vrai tournant pour le foot français, ce n’est peut-être pas sur les terrains qu’il aura lieu, mais dans les négociations de ces prochaines semaines.

Rugby : le choc Chauvin, six ans après

Dans Code Source, le Parisien revient sur le décès de Nicolas Chauvin, et sur ce qu’il dit de la culture du rugby face au danger.

Les commotions dans le rugby, c’est un sujet que j’évoque souvent ici. Et cet épisode du podcast Code Source y revient avec un angle fort : le décès de Nicolas Chauvin, 18 ans, après un double plaquage très violent en 2018. Il aura fallu plus de six ans à la FFR pour produire une expertise complète. Pendant ce temps, la famille du joueur s’est battue pour faire la lumière sur les faits et tenter de faire bouger les lignes.

Ce podcast revient sur l’affaire, mais surtout sur ce qu’elle révèle : le retard, l’inconfort, le manque d’initiative face à un problème connu. Le journaliste invité a enquêté en profondeur sur la dangerosité du rugby, et rappelle à quel point la culture de l’impact peut masquer des réalités lourdes.

Le tout prend encore plus de résonance après les récentes déclarations de Sébastien Chabal, affirmant ne se souvenir d’aucun de ses matchs. Un témoignage brut, qui relance le débat.

C’est un épisode sobre, précis, et nécessaire.

1 débat

Le PSG fausse-t-il la Ligue 1 ?

Avec une équipe remaniée, Paris laisse filer des points. Certains crient au scandale. Mais le problème est ailleurs.

Le PSG est déjà champion. Et à quelques jours d’une demi-finale retour de Ligue des champions, il fait tourner. Résultat : une défaite contre Nice, puis une autre contre Strasbourg. Deux équipes en quête de points pour l’Europe. Certains y voient une distorsion du championnat. Paris ne jouerait plus le jeu.

Mais pour moi, c’est un faux débat. Si je prends l’exemple de l’OL — le club que je suis le plus —, je pourrais lister une dizaine de points abandonnés contre des adversaires largement à notre portée : Lens et Saint-Étienne récemment. Le vrai sujet est là. Ce n’est pas ce que fait le PSG au printemps, c’est ce que font les autres toute l’année.

Sur 102 points possibles, il n’y en a que 6 à prendre face au PSG. Se focaliser là-dessus, c’est oublier le reste. Chaque équipe a largement de quoi construire sa saison sans dépendre du bon vouloir parisien.

Paris a ses priorités, ses échéances. C’est le jeu. Plutôt que de s’indigner quand il lève le pied en mai, il vaudrait mieux se demander pourquoi tant d’équipes ne prennent pas les points quand elles le peuvent.

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