Comme chaque semaine, retour sur trois faits marquants de l’actualité sportive, deux découvertes média (podcast, lecture, vidéo, …) et un débat ou une prise de position qui ont attiré mon attention.
3 faits marquants
Le biathlon français sur le toit du monde
Comme chaque hiver, le biathlon est l’un de mes fils rouges, et ces deux dernières semaines ont été un vrai régal. J’ai suivi attentivement les Championnats du monde à Lenzerheide, et à chaque course ou presque, une médaille française. Franchement, c’est rare d’avoir un tel sentiment de constance et de satisfaction.
13 médailles au total, dont 6 en or, première nation au classement général : un véritable carton plein. J’ai particulièrement apprécié la victoire du relais féminin, où Julia Simon a conclu le travail de ses coéquipières avec une maîtrise impressionnante. Sans oublier le relais mixte simple, où le duo Julia Simon – Quentin Fillon Maillet a parfaitement répondu aux attentes.
À un an des JO de Milan-Cortina, difficile de ne pas se projeter. Si la dynamique reste la même, la délégation française aura de quoi viser haut.
Mais la saison n’est pas finie. Il reste encore des manches de Coupe du monde, et je suis prêt à parier que les Français n’ont pas dit leur dernier mot. Avec la forme affichée, on peut espérer encore de beaux moments d’ici la fin de l’hiver.
Droits TV, scène de crise
La gestion du foot pro français, c’est aussi l’un de mes fils rouges. Chaque semaine, la crise se prolonge.Mais avec la dernière fuite vidéo révélée par Complément d’Enquête, on touche le sommet.
J’ai regardé l’extrait de cette fameuse visioconférence de juillet 2024, censée discuter de l’attribution des droits TV. Honnêtement, c’est à la fois atterrant et presque drôle. Voir comment se mènent des négociations impliquant des centaines de millions d’euros et le futur du foot français, ça laisse songeur.
Mais surtout, ce que tout suiveur savait déjà se confirme sous nos yeux : Nasser Al-Khelaïfi, président du PSG, fait sa loi. Avec des méthodes loin d’être démocratiques, entouré de quelques fidèles bien silencieux. Le clash avec John Textor, président de l’OL, qui ose s’opposer, en est la parfaite illustration. On dirait un mauvais scénario, mais non : c’est le foot français actuel.
Malgré la tyranie d’Al-Khelaïfi, certains restent lucides comme Joseph Oughourlian, président du RC Lens, qui met le doigt sur un conflit d’intérêts majeur : Al-Khelaïfi est à la fois président du PSG et patron de beIN Sports, chaine directement interéssée dans l’attribution des droits TV qui sont discutés dans cette réunion. Le qatarien est donc juge et partie.
La suite ? Peut-être un nouvel épisode encore plus déroutant dans cette série sans fin qu’est la gestion du foot français.
Grospiron entre en piste
La nomination d’Edgar Grospiron à la tête du comité d’organisation des JO d’hiver 2030 ne date pas de cette semaine, mais c’est bien maintenant qu’il commence à se montrer. Tour des médias, premières interviews : l’ancien champion olympique de ski de bosses commence à poser les bases de sa vision.
Franchement, je suis plutôt rassuré. Après les épisodes précédents, avec une candidature qui semblait être le terrain de jeu des politiques plus que celui du sport, on a enfin une figure légitime. Grospiron, ce n’est pas juste un visage connu, c’est un champion qui connaît l’univers olympique.
J’ai écouté attentivement ce qu’il avait à dire, et ça sonne bien : priorité à l’héritage, aux valeurs sportives, volonté d’organiser des Jeux raisonnés et ancrés dans le territoire. Mais je reste prudent. Il arrive dans un contexte complexe, avec des rivalités politiques encore palpables. On se souvient du retrait de Martin Fourcade, sans doute refroidi par ces tensions.
Grospiron a la légitimité, mais aura-t-il les coudées franches ? Tout le monde dit vouloir des Jeux durables et exemplaires, mais la réalité des compromis politiques sera vite là. Son parcours inspire confiance, reste à voir s’il pourra imposer sa vision sans se retrouver, lui aussi, pris dans les jeux d’appareil.
2 médias intéressants
Deux nuits avec X Kevin Mbaba
Nouvelle vidéo de la chaîne Deux Nuits Avec, et comme souvent, je recommande vivement. J’apprécie toujours autant ce format long et immersif qui permet de partir à la rencontre d’un sportif, loin des clichés habituels.
Cette fois, Kevin Mbabu est à l’honneur. Honnêtement, je savais à peine qui il était. Je l’avais peut-être vu jouer avec la Suisse, mais sans marquer les esprits. Et c’est tout l’intérêt de ce format : la découverte. On apprend à connaître un joueur dont le parcours et la personnalité méritent d’être racontés.
Le récit de Mbabu est captivant. Son refus de signer à Arsenal, sa vision de la carrière, et même des sujets peu abordés comme le service militaire suisse que doivent suivre les sportifs pros. On découvre un footballeur réfléchi, notamment déjà tourné vers sa reconversion.
Et ce qui rend le tout encore plus captivant, c’est l’aspect “inside” : immersion dans le FC Midtjylland, club danois peu connu, ses infrastructures et le quotidien d’un joueur pro dans un environnement loin des projecteurs.
Une vidéo qui vaut le détour, autant pour le portrait d’un joueur atypique que pour l’exploration d’un club qui incarne une autre vision du football professionnel.
Le Panthéon – Marco Pantani
J’ai récemment découvert le podcast « Le Panthéon » de RMC Sport, qui retrace la carrière et la vie personnelle de sportifs disparus. Et si j’ai été attiré par leur dernier épisode, c’est parce qu’il est consacré à Marco Pantani.
Pantani, je le connais en tant que fan de cyclisme, mais pas si bien que ça. Pas de mon époque, je connais surtout les grandes lignes : ses exploits sur le Giro et le Tour, son style d’attaquant pur, et sa fin tragique. Mais là, avec ce podcast en deux épisodes (1h30 au total), j’ai pu plonger réellement dans son histoire.
À la narration, Nicolas Jamain, et surtout Philippe Brunel, journaliste à L’Équipe, qui a été proche de Pantani. Ce duo fonctionne parfaitement. La voix posée, les récits précis, l’émotion palpable. L’histoire romanesque de Pantani se prête totalement à ce format.Sur le fond, c’est fascinant : on redécouvre l’homme derrière le mythe, avec toutes ses fragilités. Sur la forme, j’ai adoré le style de narration, fluide et immersif.
Et pour vous donner envie, cette citation extraite du podcast qui résume parfaitement la complexité du personnage :« Plus esthétique qu’Indurain, plus romantique que Contador, plus authentique que Lance Armstrong, Pantani est un personnage double et complexe, un champion capable de voler sur les pentes les plus raides comme de se détruire dans la mélancolie. »
1 débat
Arbitrage, c’est trop ?
L’arbitrage en France, sujet inépuisable. Chaque week-end, une nouvelle polémique. Mais là, on a franchi un cap. Lors du match Auxerre – Marseille, Pablo Longoria a littéralement explosé, allant jusqu’à dénoncer de la corruption.
Franchement, je trouve qu’on en fait beaucoup trop. Oui, les décisions sont parfois mauvaises et incohérentes. Mais à force de stigmatiser sans cesse les arbitres, on atteint des outrances inacceptables.
L’arbitrage parfait n’existe pas. C’est aussi une affaire d’interprétation, et il faut l’accepter. Une décision ne sera jamais 100 % objective, elle dépend toujours d’un contexte et d’un ressenti.
On a ajouté la VAR, pensant résoudre tous les problèmes, mais on a juste déplacé le débat. Aujourd’hui, on traque la moindre erreur, on soupçonne tout, jusqu’à parler de corruption. C’est dangereux, car derrière, ce sont des hommes qui se retrouvent la cible de menaces.
Si l’arbitrage français doit progresser, le niveau du débat autour doit aussi s’élever. Ce climat de suspicion permanente ne rend service à personne, et certainement pas au football..

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