Itinéraire de la semaine – 24 février

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Comme chaque semaine, retour sur trois faits marquants de l’actualité sportive, deux découvertes média (podcast, lecture, vidéo, …) et un débat ou une prise de position qui ont attiré mon attention.

3 faits marquants

Arbitrage : l’escalade continue

J’aurais aimé parler d’autre chose. Mais encore une fois, l’arbitrage fait la une en Ligue 1. Après la sortie lunaire de Pablo Longoria la semaine dernière, c’est Paulo Fonseca qui a littéralement dégoupillé lors de Lyon-Brest.

Déjà averti, le coach lyonnais a explosé en fin de match, furieux contre l’arbitre Benoît Millot… alors que la décision prise lui était favorable ! Il s’est rué sur lui, hurlant, au point d’aller tête contre tête. Une scène lunaire qui pourrait lui valoir une suspension lourde, jusqu’à sept mois d’après les règlements.

Ces débordements à répétition posent une vraie question. Oui, l’arbitrage est imparfait, mais ce climat d’hystérie générale devient délirant. Chaque semaine, un coach ou un dirigeant pète un plomb, et l’image du foot français en prend un coup. Il est temps que tout le monde se calme et que la Ligue prenne enfin ses responsabilités pour faire redescendre la pression. Enfin, encore faudrait-il qu’il y ait une gouvernance qui le permette

L’instinct du champion

Ça y est, on entre dans le cœur de la saison cycliste. Et ce week-end, l’Ardèche Classic nous a déjà offert un scénario improbable. Romain Grégoire s’est imposé après une énorme confusion dans le final, où la majorité du groupe de tête s’est trompée de route à 800 mètres de l’arrivée.

Acteur principal de la journée, porté par le travail de ses équipiers de la Groupama-FDJ, Grégoire a tenté de faire la différence à plusieurs reprises. Sans succès. Il devait donc jouer la gagne dans un groupe d’une douzaine de coureurs… jusqu’à ce que la course bascule. Là où la plupart ont suivi une mauvaise indication, lui est resté sur le bon chemin. Un finish qui rappelle un autre épisode récent : au Tour de l’Algarve, Grégoire faisait déjà partie des rares à ne pas s’être trompé de direction lors d’un imbroglio similaire.

Alors bien sûr, on pourra dire que c’est un concours de circonstances. Mais moi, je veux y voir autre chose. Dans un cyclisme de plus en plus calibré, où tout est analysé, calculé, anticipé, il y a encore une place pour ceux qui sentent la course, qui regardent autour d’eux et qui ne sont pas de simples exécutants. Cette victoire, c’est celle de l’instinct. Et elle prouve que, malgré l’ultra-modernisation du peloton, le sens de la course reste une arme redoutable.

Une Coupe sans saveur

Qui a vraiment suivi la Coupe de France cette semaine ? Honnêtement, il y avait peu de raisons de s’enthousiasmer. Les clubs de Ligue 1 sont quasiment tous tombés, laissant un tableau final où seul le PSG fait figure de favori.

Des surprises, il y en a chaque année. Mais là, ce n’est plus juste un enchaînement d’accidents : on dirait que les clubs de l’élite ne jouent même plus la Coupe. Qu’ils la laissent filer, préférant concentrer leurs efforts sur le championnat. Comme si tout le monde s’était résigné : « La Coupe ? De toute façon, c’est pour Paris. »

Et c’est bien là le problème. Cette domination du PSG, qu’on nous vend comme un moteur pour la Ligue 1, produit en réalité l’effet inverse. À force d’écraser la concurrence, elle finit par tuer l’intérêt des autres. Pourquoi batailler pour une compétition où l’issue semble déjà écrite ?

Résultat, on se retrouve avec une Coupe de France sans éclat, où l’incertitude et la magie des exploits s’effacent au profit d’un boulevard pour le PSG. Une compétition où, petit à petit, l’essence même du foot – la surprise, l’émotion, l’imprévu, la compétitivité – disparaît.

2 médias intéressants

Droits TV : comprendre le naufrage

Dans le contexte actuel, où la Ligue 1 patauge une nouvelle fois dans la crise des droits TV, cette vidéo tombe à point nommé. SeriousCharly lance une série en trois épisodes sur le sujet sur YouTube, et ce premier volet retrace toute l’histoire, de Canal+ en 1984 à DAZN aujourd’hui.

J’en parle souvent ici : la gestion des droits TV en Ligue 1 est une catastrophe, et comprendre comment on en est arrivé là est essentiel. Cette vidéo fait parfaitement le job. Le script est fluide, les illustrations rendent le tout très accessible, et le contenu est utile pour tout le monde : ceux qui découvrent le sujet comme ceux qui veulent rafraîchir leur mémoire.

Et ce n’est que le début. La prochaine vidéo abordera la valorisation du produit Ligue 1, avant un dernier épisode sur son avenir. Une série qui s’annonce utile pour quiconque s’intéresse au foot français et à son modèle économique. J’attends la suite avec impatience.

Court of Gold

Comme souvent avec Netflix, on retrouve tous les ingrédients qui font le succès de leurs documentaires sportifs : belles images, inside captivant, narration efficace. Court of Gold revient sur le tournoi olympique de basket masculin à Paris 2024 en six épisodes qui se consomment très facilement. Le rythme est bon, le format bien calibré, et la sélection des équipes suivies (États-Unis, France, Serbie, Canada) est pertinente.

Même sans être un fan absolu de basket, on y trouve son compte. Netflix sait raconter des histoires et replonger dans certains moments marquants des JO fait son effet. Les interviews sont bien menées, on ressent la tension des matchs et les dynamiques au sein des équipes.

Personnellement, je l’ai enchaînée sans difficulté. Six épisodes, c’est court et efficace, sans temps mort inutile. Une bonne pioche pour tout suiveur de sport, qu’on soit passionné de basket ou juste curieux de revivre ces Jeux sous un autre angle.

1 débat

Modifier les règles du jeu ?

Changement en vue ? L’IFAB, l’organisme qui régit les règles du football, pourrait modifier plusieurs aspects du jeu, dont l’introduction d’un système de « challenge » VAR, la communication des décisions arbitrales en direct ou encore une nouvelle interprétation du hors-jeu.

L’idée, portée par Arsène Wenger, est de ne siffler un hors-jeu que si l’intégralité du corps du joueur dépasse le dernier défenseur. Un changement censé réduire les polémiques et favoriser un jeu plus offensif.

Mais est-ce vraiment la solution ? Les décisions arbitrales resteront millimétrées, et on déplacera juste le problème. Quant à l’argument offensif, faut-il forcément plus de buts pour rendre le foot plus attractif ?

Si problème d’attractivité il ya, ne vient-il pas d’ailleurs ? Ce qui fatigue les suiveurs, ce ne sont pas les hors-jeux, mais les calendriers surchargés, les matchs inutiles et les scandales de gouvernance. Modifier les règles, c’est facile. S’attaquer aux vraies causes, c’est autre chose.

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